Chaque année, des sociétés internationales lancent, en collaboration avec le Forum économique mondial, des initiatives pour s’attaquer à certains défis sociétaux complexes. En 2006, les maladies chroniques ont été choisies.
L’étude « Working Towards Wellness : Accelerating the prevention of chronic disease » vise précisément à analyser l’impact des maladies chroniques et à faire le point sur les meilleures pratiques en termes de développement, de lancement et de suivi de programmes de bien-être.
Elle se base sur des interviews approfondies avec les leaders intellectuels de multinationales, d’associations, de vendeurs, d’agences de régulation et de la communauté médicale.
Ce rapport pointe du doigt les maladies chroniques comme étant une menace grandissante et coûteuse pour les sociétés et leurs employés.
Il révèle clairement que les CEO doivent remettre la santé au centre de leur stratégie et qu’ils ont un grand intérêt à prévenir ces maladies chroniques. Autre point souligné : l’importance accordée à la prévention des maladies chroniques est insuffisante, étant donné que seulement 3 % des dépenses des nations industrialisées sont destinées à la prévention.
Certains chiffres sont évocateurs. En 2005, les maladies chroniques, et notamment les maladies cardiovasculaires, le cancer, les maladies respiratoires chroniques et le diabète ont causé à eux seuls 60% des décès mondiaux.
Entre 2005 et 2015, on s’attend à ce que la mortalité causée par ces maladies augmente de 17 %. A l’échelle mondiale, le coût économique des maladies chroniques, quel que soit le degré de développement du pays, est estimé à approximativement 3% du produit intérieur brut.
Un coût pour les sociétés Des facteurs de risque – tels qu’une mauvaise alimentation, le manque d’activité physique, le stress et le tabac – sont les principales causes de ces maladies chroniques et peuvent facilement être évités. Ces maladies ont un coût pour les sociétés qui y sont confrontées.
Ainsi, l’analyse « Working Towards Wellness » révèle qu’en moyenne 2 % des frais de personnel se volatilisent dans des cas d’infirmités, d’absentéisme et même de « présentéisme » – en d’autres termes, la diminution de la productivité des employés malades chroniques qui se rendent néanmoins au travail et dont la qualité de prestation diminue en conséquence. Combinés, ces coûts indirects représentent plus que les coûts médicaux additionnels directs que certains employeurs encourent. En revanche, on constate, chez les sociétés offrant des programmes de bien-être, un retour sur investissement de trois pour un.
L’étude met en avant l’impact des programmes de bien-être au sein d’entreprises représentant plus de 3 millions d’employés à travers le monde, y compris au Luxembourg. On remarque que des efforts de prévention de la santé sur le lieu de travail portent leurs fruits. L’enquête montre que plus de la moitié des entreprises interrogées ont l’intention d’introduire ou d’étendre leurs programmes de bien-être au cours des cinq prochaines années.
Par ailleurs, 33% déclarent vouloir introduire des programmes de bien-être dans plusieurs pays et 17%, au moins un programme de bien-être dans plusieurs pays. Les principaux effets évalués de ces programmes de bien-être sont : la réduction des coûts indirects liés à l’absentéisme, au « présentéisme », au handicap et aux indemnités reversées aux employés, l’amélioration de la performance – productivité et qualité du travail –, la réduction des coûts médicaux directs, l’amélioration de l’image de la société qui engendre une plus grande fidélisation du personnel et qui constitue un argument de poids pour les futures recrues.
La mise en place et l’utilisation de programmes de bien-être présentent de réels avantages quantifiables. Il est possible d’améliorer la santé et le bien-être de son personnel tout en renforçant les résultats financiers de l’entreprise. L’investissement dans la prévention est donc rentable. Bernard Dubois, Associé chez PricewaterhouseCoopers Luxembourg [LeJeudi]
Article issu dela Newsletter HROne du 04 avril 2007 (www.hrone.lu) |